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Didon, Énée et leurs descendances : psychologie des personnages.

par : Dulcinea

L’histoire tourmentée d’Énée et Didon, les guerres qui ont déchiré Rome et Carthage : les rapports entretenus entre les deux adversaires (qui pourtant ont une histoire commune) n’ont jamais connu de demi-mesure.
Ces rapports s’expliquent néanmoins par l’importance des deux cités qui règnent sur le bassin méditerranéen.
Des deux prétendantes, qui montera sur le trône de l’empire méditerranéen ?

I/ Héros nés de l’imagination populaire

A/ Sous le mythe du héros, un homme complexe

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Énée

Énée, du latin Aeneas, est le prince de Troie. Il est née de l’union d’Anchise et de Vénus, déesse de la beauté. Mi-dieu mi-humain, Énée est donc un héros. Il se retrouve contraint à quitter Troie lors de la guerre qui ravage son royaume, et plus précisément lors de l’incendie qui ravage la ville. Accompagné d’Anchise (son père) et Ascagne (son fils), il s’enfuit avec les survivants de l’incendie de Troie à bord de vingt bateaux. Énée est investi par les dieux d’une mission capitale : celle de fonder une nouvelle ville et d’y introduire les divinités anciennement vénérées à Troie. Arrivé à Carthage, il tombe sous le charme de la ravissante reine Didon qui offre hospitalité et partage du pouvoir au prince et à son équipage. Cependant, le bonheur est de courte durée : à peine Énée mène-t-il une existence paisible en compagnie de Didon, la femme qu’il aime, que les dieux lui rappellent sa mission. C’est donc le cœur brisé qu’Énée s’éloigne des côtes africaines.

B/ La reine abandonnée

Didon (du latin Dido ou Elissa dans la mythologie grecque) est la fondatrice et première reine de Carthage. Elle serait née vers -840. Née avec le rang de princesse phénicienne, le titre de souveraine de Tyr lui revenait de par son aînesse. Cependant son frère qui lui conteste ce titre l’oblige à s’éloigner de Tyr. Elle décide donc de fonder une ville nouvelle où sa souveraineté serait incontestée. Didon débarque sur les côtes de l’actuelle Tunisie où elle obtient une terre par un seigneur local. Seulement, ce dernier lui offre une terre « autant qu’il en pourrait tenir dans la peau d’un bœuf ». Malicieuse, Didon fait découper méticuleusement la peau de l’animal en fines lanières qu’elle met bout à bout, et obtient ainsi une très grande surface.
Lors du départ d’Énée, Didon, trahie et abandonnée, s’immole dans la cour du palais.
À toutes les époques, cette funeste scène a été de nombreuses fois représentée. Ainsi, une peinture de Rubens datant du XVIIe siècle, et une autre du XIXe siècle, entre autres, ont pour sujet cet épisode mythologique.

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La mort de Didon
Tableau de Pierre-Paul Rubens, vers 1635, exposé au Louvre (Paris)

II/ De grands personnages historiques à la suite de Didon et Énée.

A/ Hamilcar et Hannibal : tel père, tel fils !

Hamilcar Barca commence à jouer un rôle important lors de la révolte des troupes mercenaires que ne pouvait plus payer Carthage.
Les Barcides entraient dans le cercle fermé des familles détenant le pouvoir à Carthage. Hamilcar, grisé par ses succès, se penche donc sur le sort de l’Espagne. Il organise et fait prospérer les possessions carthaginoises. Grâce à ses actions énergiques, Carthage relève la tête.
Avec une telle ascendance, le jeune Hannibal doit donc faire ses preuves !

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Hamilcar
Pièce représentant Hamilcar.

En guise de prémices, il organise un siège visant à déstabiliser Sagonte, ville alliée de Rome. La guerre peut donc éclater à tout moment...
Afin de mener ce conflit à bien, Hannibal décide de se rendre en Gaule, où il avait ménagé des alliances. Il est accueilli en tant qu’ami, libérateur et héros par les populations. Cependant, une ville « rebelle », Massillia (actuelle Marseille), le contraint à traverser les Alpes à dos d’éléphant, un épisode célèbre aujourd’hui encore.
Par la suite, les Gaulois sont nombreux à venir grossir les rangs de l’armée carthaginoise, et Rome se voit contrainte d’évacuer la Gaule Cisalpine.
Afin de gagner, Hannibal a mis au point un plan simple mais pour autant génial : celui de retourner les cités soumises à Rome en libérant leurs prisonniers. Hannibal crée ainsi de nombreuse alliances. Des cités italiennes deviennent alors ennemies de leur compatriote Rome !
Hannibal espère par ce procédé que Rome, affaiblie, le suppliera de demander la paix, après de francs succès remportés.

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Hannibal
Hannibal franchissant les Alpes.

Soudain, l’horizon glorieux escompté par Hannibal se couvre : arrivent les défaites, comme à Carthagène en -216 et à Syracuse en -212.
Hannibal, vaincu, retourne donc en Afrique.

B/ Scipion, le maître de l’Afrique

Scipion (-235, -183), général romain, n’est pas le premier à avoir tenté la conquête du continent africain : par deux fois, Regulus et Agathocle échoueront dans cette ambitieuse entreprise.
Il met au point la tactique suivante : priver Carthage de ses alliés dans le but de lui porter le coup fatal. C’est donc chose faite en -211, avec l’invasion de l’Espagne. Tel Hannibal avec les Gaulois, Scipion enrôle les Numides (peuple soumis par Carthage, et qui rêve d’indépendance) afin de parvenir à son but. Cette nouvelle alliance se montre fort judicieuse car c’est la cavalerie numide, autrefois protagoniste sous les couleurs de Carthage qui fait pencher la balance et contraint Carthage à la capitulation lors de la bataille de Zama, en -202.
La conquête de l’Afrique se limite néanmoins au nord du continent.

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