par : Liverpolitana , Vergilia
La superstition et la magie en Afrique ne lui sont pas propres et s’étendent dans tout l’Empire. Elles s’inspirent de celles de Rome sans cependant les calquer.
Ce sont surtout les aristocrates qui recouraient à la magie et notamment aux rituels. Les Africains, tout comme le reste de l’Empire, craignaient le mauvais œil. Afin de le détourner, les Africains portaient des phylactères et des amulettes, ils se livraient à des gestes conjurateurs. Les phylactères et les amulettes étaient de petits objets auxquels on attribuait le pouvoir d’écarter les événements malheureux.
Les tablettes africaines étaient faites de plomb, elle étaient ensuite pliées ou coulées car le plomb était un métal facile à se procurer et à graver. Il y avait différents types de tablettes et chaque type avait une fonction différente.
On utilisait les defixiones iudiciariae contre les adversaires d’un procès, les defixiones amatoriae pour forcer l’amour d’une personne. Certaines tablettes servaient à communiquer avec le monde des morts et à contraindre l’âme du défunt. On a retrouvé de nombreuses tablettes dans des édifices de jeux tels les cirques ou l’amphithéâtre de Carthage : c’étaient les defixiones agonisticae destinées à contrer un cocher de cirque ou un gladiateur.
Il y avait aussi d’autres defixiones sans nom particulier, que l’on utilisait contre des concurrents économiques, des calomniateurs ou des voleurs.
En réponse à ces tablettes de defixio, on trouvait les phylactères qui avaient pour but de protéger leur propriétaire. On a découvert beaucoup moins de phylactères que de tablettes d’envoûtement parce que les tablettes de defixio étaient faites de plomb, métal sans valeur, alors que les phylactères étaient constituées de métaux précieux tels l’or ou l’argent. D’autres supports, comme les intailles et les gemmes gravées, remplissaient les mêmes fonctions que les phylactères.