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C’est une vision métaphorique des patriciens et des plébéiens. Les patriciens sont le ventre et les plébéiens les mains. En effet, les plébéiens avaient des métiers plus artisanaux, ils se servaient plus de leurs mains que les patriciens. On voit bien dans ce texte les rapports compliqués entre les patriciens et les plébéiens, entre mésentente et réconciliation. La plèbe avait l’impression de tout faire pour les patriciens, alors qu’en réalité les patriciens servaient pour la guerre par exemple. On peut bien voir qu’ils ne s’aiment pas mais qu’en même temps ils sont « inséparables » car ils ont besoin les uns des autres.

Ab urbe condita II,32

Les membres et l’estomac

Tite-Live

par : Claelia, Liverpolitana , Octavia

Il plut d’envoyer comme négociateur à la plèbe Menenius Agrippa, homme éloquent et, parce qu’il en était originaire, cher à la plèbe. Celui-ci ayant été introduit dans le camp militaire, il est rapporté qu’il n’a rien fait d’autre que le discours suivant, d’une rude et ancienne manière de parler :

« Au moment où, à l’intérieur de l’homme, tous les éléments ne tendaient pas comme aujourd’hui vers un même but, mais où chaque membre avait son propre pouvoir de décision, sa propre langue, les autres parties du corps étaient indignées que tout soit procuré au ventre par leurs soins, leurs travaux et leur services, alors que celui-ci, paisible au milieu, ne faisait rien d’autre que de jouir des plaisirs donnés ; de là, ils complotèrent pour que les mains ne rapportent pas de nourriture vers la bouche, que la bouche ne reçoive pas ce qui était donné et que les dents ne mâchent pas les choses qu’elles recevaient. Par cette colère, pendant qu’ils voulaient dompter le ventre par la faim, les membres eux-mêmes tous ensemble, et le corps en entier, en étaient venus à une extrême langueur. De là, il est apparu que le service du ventre n’était pas inactif et qu’il n’était pas plus nourri que lui ne nourrissait, distribuant dans toutes les parties du corps ce sang par lequel nous vivons et nous sommes forts, divisé également dans les veines, enrichi par la nourriture digérée. »

En comparant à quel point la discorde intérieure du corps était semblable à la colère de la plèbe envers les sénateurs, on dit qu’Agrippa a fléchi l’esprit des hommes.

Placuit igitur oratorem ad plebem mitti Menenium Agrippam, facundum uirum et quod inde oriundus erat plebi carum. Is intromissus in castra prisco illo dicendi et horrido modo nihil aliud quam hoc narrasse fertur :

Tempore quo in homine non ut nunc omnia in unum consentiant, sed singulis membris suum cuique consilium, suus sermo fuerit, indignatas reliquas partes sua cura, suo labore ac ministerio ventri omnia quaeri, ventrem in medio quietum nihil aliud quam datis voluptatibus frui ; conspirasse inde ne manus ad os cibum ferrent, nec os acciperet datum, nec dentes quae acciperent conficerent. Hac ira, dum ventrem fame domare vellent, ipsa una membra totumque corpus ad extremam tabem venisse. Inde apparuisse ventris quoque haud segne ministerium esse, nec magis ali quam alere eum, reddentem in omnes corporis partes hunc quo vivimus vigemusque, divisum pariter in venas maturum confecto cibo sanguinem.

Comparando hinc quam intestina corporis seditio similis esset irae plebis in patres, flexisse mentes hominum.

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