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Je ne marche pas.
Je me confonds un instant avec le lieu, avec ma propre déambulation, mon regard tourné vers le minaret illuminé, le soir tombé. Les hommes encore assis attablés et l’odeur du pain, il est encore temps, il est toujours temps de saisir le dernier pain comme si la journée alanguie offrait non pas ses derniers moments, mais le commencement d’une vie crépusculaire attisée par la disparition progressive des formes, des choses et des corps.
Ni affairement, ni précipitation, je règle sans conscience mon allure sur les dalles, dans l’alternance des lumières et des ombres de la ville. C’est la lenteur, la lenteur de mes pas qui me guident, comme le prolongement de ce qui se tient derrière les portes ouvertes.
Je suis là, je suis dans cette extrême simplicité, ravie d’avoir parcouru l’espace qui sépare la cour intérieure de la place toute proche dans la splendeur du soir.
Sales, étroites, sombres, mêlant l’odeur du cuir aux détritus qui jonchent les angles fouillés par les chats en déroute, qui pourrait dire pourtant la sensation d’une révélation.
La gloire brutale de la nuit dans la ruelle !!
Cette poésie a été filmée lors d’une soirée organisée par l’association “Parler en Paix” en partenariat avec l’Institut des Cultures d’Islam, à l’occasion du Printemps des Poètes 2008.
Elle est lue par Kamal Hachkar.
L’image est de Sylvain Mary, le son de Marie Averty et Bart Velay.
Retrouvez les autres poésies de cette soirée :
Le chant de l’ardent désir d’Ibn Arabi, lu par Hakim Alaoui et Corinne Haddad.
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